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Titre de son oeuvre : Entrechats Genre : Fantasy Date de parution : à paraître aux Editions de l'Olibrius Céleste au premier semestre 2009 Pour en savoir plus : le site officiel de l'auteur Résumé : Tuer un sphinx n'a rien d'un acte hérétique, même si l'espèce relève assurément du divin. Le monde scientifique, ébranlé, délègue la dissection de cette exceptionnelle dépouille à un éminent spécialiste : Khéphren. Celui-ci découvre un énorme diamant à la place du coeur, source de la magie de ces mystérieuses créatures. La nuit suivante, tout bascule. |
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L'interview : Avant toute chose, nous tenons à remercier l'auteur d'avoir accepté cette interview ! Nous lui souhaitons bonne chance dans son parcours d'écrivain, en espérant qu'Entrechats soit un succès ! Sahagiel : pour commencer cette interview, comment est né Entrechats ? Cécile Duquenne : Aah, la genèse d’Entrechats… elle est un peu spéciale. Absolument. En seconde, mes professeurs voulaient que je me dirige vers une terminale S car, selon eux, c’était la « voie royale ». J’ai essayé d’avoir le niveau dans les matières scientifiques… j’ai failli arrêter la danse et l’écriture à cause de cette grosse bêtise, et j’ai changé d’avis au dernier moment en me rendant compte que l’écriture m’intéressait plus qu’une prétendue réussite scolaire. Avec le recul, je ne regrette pas ce choix et j’ai réussi à allier ma passion de l’écriture à la réussite de mes études – et de ma vie future, je l’espère. Le passage en LEA (Langues étrangères appliquées) a été une erreur de parcours absolument passionnante, puisque j’ai pu améliorer mon anglais, et découvrir cette langue formidable mais difficile qu’est le japonais. Maintenant, je suis en Métiers du livre, et si au départ je comptais m’orienter en spécialisation édition, aujourd’hui, je me dirige lentement mais sûrement vers une spécialisation librairie. Comme vous le voyez, l’écriture (et à plus forte raison le monde de la littérature et du livre) influence ma vie, mes choix, ma manière d’être. Je ne conçois plus ma vie sans cet univers. Pour moi, l’avenir, c’est le livre. Sur la base des mythes égyptiens, j’aurais pu écrire un roman fantastique, historique, d’aventures… mais voilà, j’aime lire et écrire de la fantasy. Le choix s’est imposé de lui-même, d’autant plus que j’adore créer des mondes, et que je suis plus à l’aise dans mes univers inventés. C’est aussi simple que ça ! À vrai dire, Entrechats n’est pas un roman historique donc on ne peut pas parler de « période ». J’ai repris les mythes, l’Egypte d’aujourd’hui, et j’ai transposé le tout dans un monde qui pourrait être l’Egypte si la magie existait vraiment, ou du moins était présente dans nos vies. Il s’agit donc d’une réécriture de divers mythes. Le plus difficile dans la documentation a été au niveau de la symbolique. J’étais, et suis toujours, passionnée par la mythologie égyptienne, mais loin d’être une spécialiste ! J’ai dû choisir avec soin les noms de mes personnages et de certains lieux. Il en a été de même pour le bestiaire égyptien, que nous réduisons trop souvent aux sphinx. Mais je n’en dirai pas plus à ce sujet. Ce sera à vous de découvrir les liens, les clins d’oeil, les destinées inscrites dans les noms… ;-) J’aime beaucoup corriger ce que j’écris – heureusement, car c’est un passage obligé qui représente près de 80% du travail au final. Les corrections en elles-même ne me dérangent pas, je suis même très enthousiaste ! Je ne saurai pas vous répondre pourquoi exactement, mais non, croiser les genres n’est pas un souci. En fait, c’est ma manière d’écrire, que ce soient des nouvelles, des novellas, des romans, des fanfictions… c’est un choix conscient. Depuis mes débuts, je cherche à être originale dans ma manière d’aborder l’imaginaire. Les essais ne sont pas toujours concluants, je l’avoue… mais je suis contente qu’Entrechats soit mon premier roman publié car, en ce sens, il est très représentatif de mes écrits. Pour moi, j’ai réussi là où je voulais réussir : dans l’alliance de deux registres qui ne sont pas souvent réunis. En effet, je n’ai pas le recul nécessaire ! J’adore ce que j’ai écrit, tellement que j’ai eu du mal à passer à autre chose après avoir posé le point final. Objectivement, je ne suis sûre que de trois choses : la première force d’Entrechats est de combiner les genres ; la deuxième, c’est qu’il s’agit d’un roman « tous publics », en ce qu’il est à la fois accessible aux adolescents et aux jeunes adultes, voire aux adultes ; la dernière, enfin, c’est que l’écriture de fanfictions (qui sont publiées chapitre par chapitre, comme par épisodes) a fortement développé ma capacité à amener les révélations de manière surprenante… Entrechats est un roman de fantasy écrit comme une série policière ! Les scènes avec les méchants, bien sûr ! J’adore les méchants. Surtout les miens. Ce sont mes petits chéris… Sinon, j’ai beaucoup aimé écrire les scènes avec les chats (à ce propos, Khéper vous dit « Miaou ! »), et les sphinx. Il a été difficile de les mettre en scène, de leur trouver un caractère, une ligne de conduite (étaient-ils plus humains qu’animaux ? L’inverse ? Ni l’un ni l’autre ?), mais ce fut aussi plaisant que formateur. Au niveau des lieux et situations, je ne peux rien révéler sous peine de vous dévoiler l’un des points les plus importants de l’intrigue. Disons qu’à un moment, il y a un endroit qui n’est pas les Plaines désertiques (l’univers où l’histoire se déroule), et j’ai adoré écrire les chapitres qui s’y tenaient. C’est une réponse probablement inattendue, mais je préfère être franche : pas grand-chose. Il faut dire que lorsque je l’ai appris, j’étais débordée de tous les côtés (surtout avec mes études), et je n’ai pas eu le temps de réaliser. J’étais concentrée sur autre chose. De plus, ça restait très abstrait. C’était un contrat. Ce n’est que récemment, à partir de la fin de mon année d’études, que je me suis rendu compte de ce que cela signifiait vraiment… depuis, j’alterne moments d’euphorie et calme serein ! L’expérience parlant d’elle-même, je vais vous retracer le parcours du roman : après le NaNoWriMo, j’avais envoyé une première fois le roman à divers éditeurs, sept ou huit, je crois. L’Olibrius Céleste n’existait pas encore et donc, fatalement, je ne leur avais rien envoyé… Je classais mes lettres de refus par ordre chronologique. Au bout d’un moment, c’était devenu presque comique, à cause de l’effet de répétition. Sur mon livejournal, j’avais même créé un tag « râteaux », qui ferait le pendant du tag « pelles », le jour où je recevrai une réponse positive… J’ai pris ça avec humour. Je notais les critiques émises dans mon carnet de notes, en attendant la dernière lettre. Une fois les critiques recoupées, j’ai créé un dossier « Entrechats V2 » sur mon ordinateur, et j’ai tout réécrit ! Après une multitude de corrections, en décembre 2007, j’ai renvoyé à une autre sélection d’éditeurs, dont l’Olibrius Céleste faisait partie. Et vous connaissez la suite… En tant qu’auteur, je pense que la principale difficulté est d’écrire pour ce public sans simplifier à outrance. Il ne faut pas prendre les jeunes lecteurs pour des imbéciles sous prétexte qu’ils sont jeunes. C’est un lectorat exigeant, qui possède des attentes particulières, qui demande à pouvoir s’identifier à un héros dans le roman. À mon sens, les personnages sont très importants pour les jeunes lecteurs. Ils doivent pouvoir s’attacher facilement à eux. Ce que l’on m’a conseillé à moi, et qui m’a beaucoup aidé : écrire, savoir s’ouvrir aux autres, se remettre en question, ne jamais considérer un échec comme la fin de l’écriture. Il faut sans cesse se surpasser, aller plus loin. C’est difficile et ingrat, mais un jour, on se retourne, on regarde le chemin parcouru, et on se dit qu’on est heureux de ne jamais avoir baissé les bras ! Jadis, j’étais une grande admiratrice des écrits de Raymond E. Feist et David Eddings, qui m’ont permis de faire mes premiers pas de lectrice en fantasy « adulte ». Depuis, j’ai une affection toute particulière pour ces auteurs, mais je suis passée à autre chose : Robin Hobb, Scott Lynch, etc. De la fantasy moins « heroic », pour ainsi dire. Le premier tome des Salauds Gentilhommes de Scott Lynch est exactement le bouquin dont j’aurai voulu être l’auteur ! Drôle, grave, inventif, surprenant et riche en émotions… c’est ce vers quoi je tends, mais je suis encore loin du compte, je crois ! (rires) À ce propos, comment organisez-vous vos séances d’écriture (rituels particuliers, planification, lieux favoris…) ? Je suis toujours mieux quand j’écris chez moi, à mon bureau, sur mon ordinateur. Cela dit, peu importe où je suis en vérité. Quand l’inspiration vient, je ne la laisse pas partir et je saisis ma chance ! C’est bien sûr moins facile, et ces passages nécessitent plus de corrections que ceux écrits dans des conditions optimales, mais si l’envie est là, peu importe l’endroit. J’utilise essentiellement Internet comme une plateforme de communication. J’ai d’ailleurs créé mon blog parce que je voulais pouvoir parler avec mes lecteurs, dialoguer. C’est quelque chose de très important. C’est agréable et, de plus, cela permet d’effectuer des rencontres riches, intéressantes, avec des auteurs et des lecteurs, et de nouer des liens étroits qui n’auraient pas nécessairement pu exister si l’on s’était rencontrés ailleurs. Je suis plus douée pour écrire que pour parler. Ça me permet de m’y reprendre à deux fois avant de dire des bêtises ! (rires) Ça dépend des moments. Je suis partagée entre la hâte, l’impatience grandissante de partager mes mondes et tout ce que j’écris avec les lecteurs, et la peur de décevoir.
Bien sûr ! J’ai deux projets : un recueil de nouvelles historiques, et une série-roman-fleuve que j’ai en tête depuis bientôt un an et demi, les deux tournant autour de l’univers des pirates. L’histoire de la flibuste, et à plus forte raison de la marine, me passionne autant que les mythes égyptiens.
Eh bien, merci de me l’avoir proposée. Je suis assez bavarde quand je suis à l’aise. C’était ma première interview, j’ai beaucoup apprécié l’expérience !
Propos recueillis par Sahagiel |