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Titre de son oeuvre : Le Vol de l'Aigle (voir la critique) Genre : Fantasy Editeur : autoédition, premier tome disponible depuis décembre 2009 Pour en savoir plus : le site officiel de l'auteur Résumé du premier tome, L'Ere des Conquérants : Sur le continent des Terres de l’Est, l’avènement d’un roi ambitieux et belliqueux à la tête du pays enflamme le cœur des sujets qui rêvent depuis longtemps de venger les humiliations passées... plus encore après des années d'immobilisme sous le règne de leur ancien monarque. |
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L'interview :
Sahagiel : le Vol de l’Aigle est le premier tome d’une trilogie. Pour bien commencer cette interview, pouvez-vous nous en dire plus sur ce vaste projet, et sur vous-même ? M.-L. Versini : le projet est né il y a plus d'une décennie par le biais de textes courts, jusqu'à ce que je décide de le matérialiser plus concrètement sous forme de roman et d'illustrations. Il est le fruit d'une passion pour ce qui touche aux thèmes épiques et légendaires, et dépeint le parcours de personnages aux facettes multiples sur fond de guerres fratricides... le tout dans une Europe de l'Est revisitée. J'ai opté pour une intrigue relativement classique, en y intégrant des éléments mystiques en filigrane, et ce pour me mettre en avant les protagonistes et leurs relations souvent alambiquées. De manière générale, on associe un premier roman à un parcours du combattant. Comment avez-vous vécu ce "passage obligé" ? Parcours du combattant, voilà qui résume bien la situation ! Toute démarche créative, quelle qu'elle soit, est sujette à moult hésitations, doutes, remises en question et remaniements – un premier roman n'y déroge pas. C'est un travail titanesque qui exige patience, abnégation, humilité... et moral solide. En ce qui me concerne, j'ai appréhendé la tâche avec davantage de sérénité dès ma décision de l'autoéditer, car la perspective d'envoyer son manuscrit aux éditeurs est sans doute une source de stress supplémentaire... Entreprendre un projet en autoédition semble assez chronophage, et nécessite sûrement une rigueur et une énergie importantes. Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ? Les principaux freins découlent, selon moi, d'une absence de support « professionnel ». Un auteur autoédité ne bénéficie en principe pas de correcteurs de métier (il doit lui-même rechercher des lecteurs, sans garantie), tout comme il ne jouit pas d'appuis tenant à la promotion et la distribution de son livre (là encore, toutes les démarches marketing lui incombent). Enfin, il doit assumer les coûts de fabrication et de logistique, sauf à opter pour des systèmes de fabrication sans stock, de plus en plus répandus sur Internet. Au contraire, si vous deviez nous citer les avantages, les raisons qui vous ont conduit vers l’autoédition ? Nous imaginons que ces responsabilités et cette entière gestion de vos travaux amènent un certain enrichissement personnel. C'est une expérience passionnante. Être le seul maître à bord accorde une liberté qui se manifeste sous différents angles, sur le fond et sur la forme, sans la pression et les obligations qu'on retrouve souvent chez les éditeurs (ligne éditoriale, réécritures, délais...). On pense souvent à l’écriture en elle-même du roman, mais vient ensuite la phase de promotion. Comment avez-vous entrepris cette étape ? Par exemple, un article vous a récemment été consacré dans le magazine fémina. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces démarches, ces rencontres particulières pour un auteur ? Je pense que cette phase est celle qui pose le plus de difficultés. Comme je l'ai mentionné précédemment, l'autoédition pâtit encore de son image. Ainsi, il est difficile de trouver sa place dans un domaine déjà très concurrentiel, car il est rare de se voir accorder sa chance sans garantie professionnelle en amont et le fameux cachet « éditeur » qui crédibilise une œuvre. Il est alors important de persévérer, de trouver d'autres voies de promotion et de chercher des contacts qui pourront nous aider à passer outre certains a priori. Vous avez réalisé vous-même la couverture de votre roman, ainsi que sa mise en page. Une liberté des plus intéressantes, mais aussi un enjeu de taille dans le cadre de la promotion auprès des lecteurs. Comment avez-vous su quelle approche favoriser en termes d’esthétisme visuel ? Vous êtes-vous inspirée de certains ouvrages, artistes ? Le choix de la couverture s'est imposé rapidement. En effet, je ne souhaitais pas représenter de personnage, au profit d'un sujet plus neutre. J'apprécie beaucoup les couvertures focalisées sur un objet ou un symbole, comme celles de la bande-dessinée Murena ou certaines illustrations de Nicolas Jarry pour Mnemos (par exemple, Le loup de Deb), que je trouve particulièrement accrocheuses malgré leur sobriété. J'ai donc opté pour cette voie-là avec, hélas, bien moins de maîtrise... Nous imaginons, bien sûr, que l’impression des romans demande une certaine expérience, et a un coût. Est-ce simple, ou cela nécessite-t-il des connaissances particulières ? Vous avez pris contact avec un imprimeur, avant de vous tourner vers un site spécialisé. Pourquoi ce changement ? Si on choisit de fonctionner avec un stock qu’on écoule soi-même, cela demande quelques calculs en amont pour estimer la rentabilité du projet. Une fois que l'on sait l'opération viable, on peut alors contacter des imprimeurs. Cela exige d'avoir les fonds nécessaires à ladite fabrication... Avez-vous demandé conseils auprès de professionnels, que ce soit des auteurs ou des maisons d’édition ? Je n'ai cessé de lire tous les témoignages disponibles, sur Internet et ailleurs, ce qui m'a beaucoup aidée. J'ai également eu la chance d'échanger quelques mots avec un éditeur, qui a pu me conseiller sur les démarches à suivre. Quel accueil avez-vous reçu ? Bientôt un an et demi après la parution de votre premier volume, quel bilan tirez-vous de cette expérience ? Je dirais que j'ai eu de la chance. Internet est un formidable outil et, hormis quelques exceptions, mes interlocuteurs étaient avenants et désireux d'aider. Vous disposez d’un site web consacré à votre roman, mais également un blog et un forum. Internet est-il un outil essentiel dans votre démarche, pour gagner en visibilité, mieux connaître vos lecteurs ou vous documenter ? Totalement ! Internet est un outil très efficace, et c'est à lui que je dois la grande majorité de mes ventes. Malgré tout, la concurrence est redoutable et il est difficile de se démarquer, alors j'admets volontiers que mes dessins et ma galerie en ligne ont été un vecteur de communication, car la plupart de mes lecteurs ont connu mon univers par ce biais. Un support visuel a toujours un caractère attractif pour le public, quoiqu'il en soit.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune auteur qui souhaite se lancer dans l’écriture d’un roman, mais aussi à une personne souhaitant entreprendre une autoédition ? Je parlerai là en mon nom, n'ayant pas une très large expérience dans le domaine, mais je crois qu'aucun autre auteur ne me contredira sur un point : on écrit, on crée avant tout pour soi. Si on décide ensuite de partager notre travail, il faut alors le faire avec générosité et pas pour glaner une reconnaissance à tout prix. Il faut en outre se forger une carapace, car une fois sorti d'un cercle intime, le récit sera soumis à des avis critiques, intelligents ou pas, blessants ou encourageants, constructifs ou aigris, et l'auteur devra se tenir prêt à garder la foi en son travail malgré cela. Alors, bien sûr, nous imaginons que vous êtes plongée dans l’écriture de votre second tome. Pouvez-vous nous dire comme se passent sa rédaction ou ses corrections ? Ou même, sans vouloir vous pousser aux révélations, un petit résumé de ce qui attend vos lecteurs ? L'écriture suit son cours et j'espère terminer le premier jet d'ici peu, pour entamer la grande phase de corrections avec les bêta-lecteurs. Un dernier mot, pour clore cette interview ? Merci à Utopie de m'avoir accordé cette opportunité et félicitations pour tout votre travail.
Propos recueillis par Sahagiel |