Retour vers la page des BD et des Mangas

 

La Croix du Sud

 

La Croix du Sud Titre : La Croix du Sud

Auteurs : Luis Duran (scenario), Raquel Alzate (dessins)

Editeur : Dargaud

Résumé :

Au cœur de la forêt, la petite Illiane est témoin du meurtre de sa mère, accusée de sorcellerie et de ce fait condamnée à mort par le seigneur de La Croix du Sud. Emmenée au château, où elle deviendra une servante assignée aux tâches ingrates, elle fait la connaissance d’un autre enfant, Dominique, esclave du fils du seigneur, Martin, et de son bouffon. On dit d’ailleurs de lui qu’il est le fils du vent...

 

Critique personnelle :

Nous ne nous attarderons pas sur le scenario de cet ouvrage en one-shot, car force est de constater qu’il est relativement basique. Au contraire, nous évoquerons la force majeure de cette BD et ce qui compense très largement la simplicité scénaristique : l’atmosphère savamment instauré tout au long des pages.

L’œil attiré par la sublime couverture (aussi sombre soit-elle dans l’idée et les tonalités), le lecteur aura l’heur de constater que les planches offrent une qualité graphique du même niveau et le plongent immédiatement dans une atmosphère sombre et mystérieuse, avec une violence tantôt induite, tantôt explicite (citons par exemple la première apparition de Dominique, enfant attaché comme une bête, maltraité et contraint de laper le plancher).
Le pinceau de Raquel Alzate, redoutablement efficace pour nous immerger dans cet univers alternatif nimbé de surnaturel, dépeint des éléments de manière brute et détaillée à la fois, avec parfois une dimension impressionniste qui ne manquera pas faire effet, ainsi qu’un sens de la mise en scène très pertinent. Au fil des pages, l’environnement prend vie (le vent, les arbres), l’imaginaire s’immisce dans une réalité qui le refuse et le traque (notamment à cause de la religion) et, immanquablement, le rêve s’installe, aussi sinistre soit son décor.

Les personnages, quant à eux, n’ont pas le temps d’être réellement approfondis mais remplissent chacun leur rôle : nous retiendront notamment Dominique et Iliane, attachants, et victimes d’une époque obscurantiste qui les met au ban du système (le surnaturel qui les ceint y contribue d’autant plus), tout comme le fils du seigneur, odieux, qui fait sentir au fil des pages à quel point le statut social le prive de tous scrupules.

Au final, cette BD suit une trame tout simple, mais jouit d’une atmosphère réellement prenante qui, selon nous, en fait un véritable conte sombre et triste, qui n’en oublie pas d’être touchant.

 

Note finale : 7,5/10

 

Tails

Partager cette critique sur : FacebookTwitter