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Auteurs : Emmanuel Civiello (dessin et couleurs, scenario pour les tomes 1 à 3), Mosdi (scenario, tome 4) Editeur : Delcourt Résumé : Dans un Moyen Âge où le christianisme annihile toute autre croyance, le monde de Faërie meurt sous l'impulsion de forces démoniaques. Pour le sauver de la destruction, la Reine des fées confie à Igguk Plitchwook, «la mémoire des Elfes», la mission de rechercher le Cœur de Cristal. Pour cet alchimiste elfique, il s'agit là du début d'extraordinaires péripéties. |
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Critique personnelle : Le moins que l’ont puisse dire au sujet de « La graine de folie », c’est qu’elle offre une qualité visuelle de haute volée et dans la lignée de bon nombres d’illustrateurs phares de l’Imaginaire. Maîtrisé à un point qu’il en est bluffant, le pinceau de Civiello fait de chaque case une véritable peinture qui mise avant tout sur l’esthétisme. Néanmoins, il est possible que ce caractère très « illustratif » et quelquefois chargé des cases puisse conférer un certain statisme à l’ensemble aux yeux d’une partie du lectorat. Malgré cet indéniable atout graphique, la faiblesse de l’œuvre réside, à notre avis et sur l’ensemble du cycle, dans le scenario. On remarque en effet une forme de rupture entre le travail de Civiello sur les trois premiers volumes et la collaboration effectuée ensuite avec Mosdi sur le quatrième, « Le roy sans cœur ». Sous la tutelle de Civiello, le scenario privilégie le rêve au détriment de l’intrigue, la narration elle-même laissant la part du lion au « pinceau ». La mise en scène est recherchée et, comme nous le disions précédemment, chaque case se présente comme une peinture à part entière pour retranscrire un monde, un univers merveilleux auquel l’auteur souhaite rendre hommage. Hélas, l’action demeure par conséquent lente et pas toujours lisible, parfois même décousue, et on pourrait penser que plusieurs scènes et histoires se juxtaposent sans véritablement se recouper sous l’égide d’une même trame (surtout dans le tome 1). Dans cette optique, peut-être est-il difficile de rester intégré au récit de la première à la dernière page, sans sortir de temps à autres de la lecture ? Nous pensons toutefois que la « rupture » apportée par l’intervention de Mosdi sur le volume final est bénéfique à l’œuvre et permet de la conclure en beauté. Ce volume marque tout d’abord un nouveau découpage de l’action, qui devient plus rapide, plus incisive, et accroche davantage le lecteur pour mieux l’emmener dans l’aventure. En outre, ce volume introduit des notions nouvelles et offre un impact au retournement final, qui apporte une touche d’originalité à une histoire de prime abord assez simple. En contrepartie, le dessin de Civiello tend à perdre de sa complexité pour gagner en dynamisme, ce qui peut éventuellement faire perdre une partie du « rêve » instauré lors des premiers tomes mais constitue un équilibre certain (chaque lecteur en sera juge selon son ressenti). Alors, fort de ses qualités et faible de ses défauts, peut-être « La graine de folie » est-elle un cycle davantage appréciable en tant que recueil d’illustrations ? Quoiqu’il en soit, il ravira les amateurs du genre en leur dépeignant un monde qui incite à la rêverie, au voyage et à la découverte, que ce soit à travers ses paysages, son bestiaire ou ses ambiances.
Note finale : 7/10 Tails |