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Millénaire

 

Millénaire Titre : Millénaire

Auteurs : Richard D. Nolane (scénario), François Miville-Deschênes (dessin)

Editeur : Les Humanoïdes Associés

Résumé :

Europe, an Mil. La terreur de l’apocalypse plane sur l’Europe, nourrie par les manifestations diaboliques et l’omniprésence des Sylphes, créatures craintes et honnies à la fois dont les vaisseaux métalliques hantent les cieux.
Au milieu de ce chaos fait de mort, de pestilence et d’angoisse, un homme entend bien se mettre en travers du Malin dans la réalisation de son œuvre : Raedwald le Saxon, trafiquant de reliques rusé et habile au poignard.

 

Critique personnelle :

S’annonçant de prime abord comme une BD « moyenâgeuse » classique sur ses premières planches, Millénaire plonge rapidement le lecteur dans un univers maillé de manifestations surnaturelles et de créatures diaboliques. Intégrées naturellement à l’intrigue, elles sèment un vent d’angoisse dans une atmosphère médiévale « brute », sombre et réaliste, sans complaisance mais, intelligemment de la part des auteurs : sans voyeurisme ni surenchère.

Servi par un dessin viril, maîtrisé et suffisamment racé pour faire de chaque planche un régal pour les yeux, le scenario prend le temps de s’installer pour monter en puissance au fil des tomes et imposer des retournements de situations des plus intéressants. Alliant différents thèmes (politique, religion, surnaturel...) et amenant le lecteur à voyager çà et là, il n’en oublie pas d’introduire des scènes plus « souriantes » en filigrane.

Justement, c’est cette habileté à alterner sérieux et humour (dosé) qui permettra de ne pas épuiser le lecteur et, surtout, de permettre un attachement aux personnages. Loin d’être lisses et manichéens, ceux-ci ont tous leurs qualités, leur propre éthique et leurs défauts, à commencer par le héros, Raedwald, un brin taciturne mais dont le cynisme et l’ironie font souvent mouche.

Au final, Millénaire est une fresque médiévale crue dans son traité (combats, atmosphère...), qui n’oublie pas de garder cette dimension plus gaie qui manque parfois aux BD du genre. Sans tomber dans la fantasy pure, l’œuvre s’installe entre réalisme et imaginaire et suit une formule qui fonctionne.

 

Note finale : 8/10

Tails