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Genre : Fantastique Titre : Cavatines Résumé : Paris, 1847. Un être mi-démon, mi-homme débarque dans la capitale française. Mais comment vivre dans la société humaine quand on ne connaît rien de ses mœurs, et que l’on n'a ni toit ni argent ? |
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Critique personnelle : En quatrième de couverture, on nous promettait un récit « émouvant, poétique, écrit avec élégance et teinté de merveilleux ». Beaucoup de qualités qui attisaient ma curiosité ! Mais cet éloge s’avérait-il justifié ou exagéré pour conquérir le lectorat ? Incontestablement, ce roman ne passe pas inaperçu. Il deviendrait presque singulier, étrange, étonnant, tant ses facettes se fondent pour créer un nouvel univers. Si le récit ne verse pas dans l’innovation continuelle, reprenant un bestiaire assez convenu, il approfondit ces bases, nourrit l’imaginaire et propose une vision plus touchante, épique et poétique des mythes. En effet, nous connaissons tous les Anges, Démons, Vampires ou âmes damnées, plusieurs romans s’intéressant d’ailleurs à l’une ou l’autre de ces races ; il semblait donc difficile de parvenir à un renouvellement. Pourtant, Laure Eslère s’approprie ces créatures et les met en scène dans un concert d’émotions. Ainsi, nos amis coulent dans Paris l’acier de leur destinée : solides malgré la tourmente, dignes quand leurs aspirations se heurtent aux embûches, les personnages affrontent nombre de difficultés d’ordre psychologique ou physique. Ils recourront parfois à des solutions extrêmes pour régler une situation jugée sans espoirs, et dans la détresse comme l’allégresse, ils paraîtront humains. Adjectif qui semble normal dans un récit, mais qui ici prend toute sa dimension et sa force : des races dont les mœurs refusent les sentiments y succombent eux aussi. Tous apprendront à mûrir aux côtés des autres. Et on note là le choix judicieux de Laure Eslère : choisir les démons comme piliers du récit permet de mieux comprendre la liaison entre émotions exacerbées et ressentis humains. De quoi alimenter bien des intrigues ! Car le traitement lui-même s’avère étonnant. Laure Eslère tisse son roman à travers une série de témoignages, allant du journal intime aux lettres échangées, en passant par les testaments et coupures de journaux. Nous entrons dans une spirale où chaque personnage relate par écrit son vécu et ses pensées. Mises bout à bout, ces sources se croisent, s’entremêlent, s’approfondissent et se soutiennent. On perçoit ici une fine réflexion sur la mise en page du récit : rien n’est laissé au hasard, l’alternance entre protagonistes s’effectue de manière naturelle et agréable, et même si cette volonté paraît étrange, nous nous y attachons dès les premières pages. Au-delà des personnages, l’auteur peint une scène aux multiples couleurs. Dans ce Paris du XIXe siècle s’entame une mélodie tantôt sombre et cruelle, tantôt délicate, parfumée ou sensuelle, pour charmer ses lecteurs et les inviter à une symphonie littéraire. Le style glisse sur les pages en nous offrant une mosaïque de sons et d’images, laquelle interprète chaque rebondissement comme un enrichissement de la partition générale. L’auteur s’essaie avec talent à ce mélange des genres où, même si les nuances de gris prédominent, le lyrisme saura vous emporter dans une valse d’émotions. Ajoutez à cela une envie de bouleverser certains schémas, avec un interlude en milieu de roman absolument incroyable, d’une audace dont rêveraient bien des auteurs, et vous obtiendrez un récit percutant dans sa forme comme dans son fond. Si ce récit met à l’honneur le fantastique, il pourra plaire à chacun d’entre vous : des influences diverses viennent troubler les genres, que ce soit un soupçon de littérature du XIXe siècle, un intérêt pour les romans épistolaires, diaristes et d’apprentissage, et bien sûr le merveilleux. Premier roman de Laure Eslère, Cavatines se veut une partition sur mesure pour autopsier les émotions célestes. Une fresque où les différents types d’amour se voient au centre de l’intrigue, et où nous découvrons une autre interprétation du bestiaire fantastique. Bien sûr, le récit ne s’exempte pas de défauts, notamment l’utilisation de certains canevas dramatiques, mais le tout est si singulier qu’on oublie vite ces détails. Ce livre pourra plaire comme déplaire tant il s’attache à se distinguer, toutefois il serait dommage de passer à côté.
Note finale : 8/10 Sahagiel |
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