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Auteur : Cécile Duquenne (voir son interview) Genre : Fantasy jeunesse Résumé du tome : Lorsque la dépouille d’un sphinx est retrouvée dans le désert, c’est l’occasion rêvée pour Khephren, jeune étudiant en magibiologie, de percer le mystère de ces animaux que l’on dit proches des anciens dieux. |
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Critique personnelle du tome : Premier roman de Cécile Duquenne, Entrechats se veut d’emblée ambitieux, puisqu’il s'attaque de front au bestiaire égyptien ! Une quatrième de couverture qui ne manquait pas de surprendre et intriguer. Entrechats séduit en premier lieu grâce à son monde. Certes, nous ne découvrons guère ses subtilités, ses méandres et demeurons sur un territoire peu vaste, sans aperçu des autres continents. Néanmoins, l’auteur esquisse une situation politique, sociale, pour le moins intéressante : ainsi, les Plaines désertiques, autrefois imperméables à toute technologie, régie par une magie ancienne et des dieux antiques, connaît un profond bouleversement depuis l’arrivée de la modernité : elle sème ses graines dans toutes les sphères, politiques, économiques, sociales, remet en cause des croyances autrefois fermement établies et, surtout, scinde la population au point de créer des groupuscules extrémistes. Ce décor planté, nous apprécions les approfondissements soutenus par l’auteur et son soin de nuancer : de fait, même sous couvert de littérature jeunesse, elle ne tombe pas dans le piège du manichéisme et apporte des justifications, des motivations aux divers clans. Le récit présente par ailleurs un bestiaire mythique assez peu courant en fantasy, y ajoutant même une touche personnelle : ainsi, les sphinx, au « cœur » de l’intrigue, dévoilent des coutumes, des particularités, une hiérarchie et des règles propres, en bref : une richesse qui se savoure au fil des pages. Avec un côté plus sauvage, elle met en exergue certains travers de notre propre société : le désir de vengeance et d’accession au trône, l’ostracisme ou la marginalité sont autant d’échos à la facette humaine des sphinx, sans aucun doute le grand atout du roman. Au point que nous regrettons que certaines questions demeurent en suspens, certains mystères non résolus, notamment la magie des dieux et les raisons de leur périclité. S’il n’était guère possible de tout traiter en un unique volume, reste néanmoins une impression d’inachevé. Le souci de réalisme, quant à lui, se perçoit aux côtés des protagonistes : certes, certains recourent à des archétypes assez grossiers, qui tendent à desservir le récit - nous pensions notamment à Knoum, peu charismatique et rongé par ses seules ambitions - néanmoins, la plupart se taillent une place de choix. Une mention spéciale serait ainsi à décerner aux « adversaires », porteurs d’un vent de fraîcheur et d’audace pour le moins appréciable. Pari donc intéressant, car tous sont animés de désirs souvent anodins, qui les rendent proches du lecteur : ils voudront colmater les brèches d’une amitié, vivre leur passion et exhumer des secrets grandioses, gagner l’affection de leur tuteur, ou de leur père. Une banalité bien éloignée des protagonistes cosmiques marqués par la destinée ! Ces personnages, assez attachants, nourrissent une intrigue simple sans être simpliste, que les nombreux rebondissements et trahisons galvanisent. Véritable partie d’échec où les alliances se renversent au moindre coup, rien ne semble prédéfini et il sera malaisé de déterminer vers quel final nous entraînent les héros. Avec son rythme effréné, parfois trop comme en témoigne un dernier tiers de roman précipité et des dénouements vite évacués, nous survolons des enquêtes policières, des filatures et chasses au trésor vouées à déterrer la magie des dieux, apprécions autant les milieux corrompus du commerce d’armes que les louvoiements politiques, en bref : nous voyageons de bout en bout, sans perdre haleine ni nous lasser. Pour mieux ferrer son lecteur, l’auteur prend à contrepieds certains canevas, avec notamment une histoire d’amour qui contourne les écueils mielleux et s’avère réussie, progressive. Cécile Duquenne nous offre ainsi un récit jeunesse soucieux de peupler l’imaginaire et gorgé de passion. Si les facilités scénaristiques amputent un tantinet la qualité du roman, il n’en demeure pas moins annonciateur de belles choses, et nous suivrons de près le parcours de son auteur.
Note finale -jeune lecteur- : 7,5/10 Sahagiel |
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