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Genre : Fantasy Titre : L'héritier de Kushiel Résumé du premier tome : Imriel est le fils adoptif de Phèdre, l’Élue de Kushiel. |
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Critique personnelle du tome : Nous retournons en Terre d’Ange, pour une nouvelle trilogie imposante ! Avec presque 800 pages pour ce premier tome, nous aurons de quoi lire ! Dès lors, précisons une chose : si vous découvrez tout juste Jacqueline Carey, nous vous conseillons de commencer par sa première trilogie en Terre d’Ange, sur Phèdre, au risque sinon de tomber sur de nombreux spoilers – ce second cycle étant plus tardif chronologiquement. Première remarque : le narrateur change. Désormais, nous voyageons auprès d’Imriel, un prince du sang au lourd passé et qui doit surmonter, au moins en partie, son ascendance compromettante. Cette nouvelle plume promettait du renouveau, notamment dans les problématiques abordées. Assurément, Imriel n’est pas Phèdre : beaucoup plus tourmenté, fragile, il doit vivre avec un héritage conflictuel et des souvenirs qui marbrent cruellement sa mémoire. Dans une première partie, nous suivrons sa reconstruction, son affirmation, mais aussi ses doutes et ses craintes : il n’assume pas tous ses désirs et fuit la part sombre de sa personnalité. Nous pourrions reprocher au personnage ses sempiternelles introspections, ses hésitations et son ponctuel apitoiement, tout en lui trouvant un côté assez attachant ; ce tome se veut ainsi intimiste et montre surtout de quelle manière Imriel affronte ses cicatrices et tente de résorber ses blessures, pour s’assumer et grandir pleinement. Ce sont donc des thématiques très proches du narrateur que nous découvrons. Nous retenions de la première trilogie un véritable dépaysement, avec une découverte progressive des coutumes, des traditions et des ambiances de chaque pays. Ce volume ne fait pas exception puisque nous voyagerons en direction de Tiberium ; pour autant, force est de constater que nous ne tombons pas sous le charme. Il manque au roman un certain souffle : contrairement à ses prédécesseurs, difficile de vraiment voyager et surtout de s’immerger dans cette nouvelle culture. Une impression de « manque » persiste au fil des pages : manque de piment, manque de réelle envolée. Une autre caractéristique qui a fait le succès de Jacqueline Carey est sa maîtrise des intrigues politiques : elle réussit à innover en montrant un Imriel pourchassé par des complots commencés avant sa naissance, dont il se passerait bien. Contrairement à Phèdre, il est davantage spectateur et même victime des complots, non acteur. Quand Phèdre, pour son maître Delauney ou pour la reine, se mettait pleinement au service du pouvoir, Imriel souhaite au contraire garder ses distances – pour ne pas dire fuir – et mener une vie normale. Une approche différente, volontairement moins épique, mais qui servira la personnalité du narrateur, qui devient un homme et ouvre progressivement les yeux sur son rôle et sa place dans le monde. L’intrigue se veut de fait assez ronronnante et presque routinière : il faudra attendre le dernier tiers du roman pour vraiment se laisser emporter. Nous assisterons donc assez lentement à la mise en place des rouages politiques, qui préparent les prochains tomes. Si ces mécanismes paraissent intéressants, avec quelques rebondissements de bon augure, difficile là encore de passer outre un sentiment de « pas assez ». Enfin, le recours au surnaturel, moins subtil et peut-être même moins maîtrisé que dans la précédente trilogie, ne convaincra pas forcément. Au final, un roman qui se réserve pour la suite et se concentre sur l’évolution du narrateur, au détriment du voyage ou du rythme. Restent des qualités évidentes et qui ont fait leurs preuves – avec une pincée d’érotisme qui sert la construction du personnage ; mais aussi une plume toujours aussi agréable – mais nous restons sur notre faim. Ce roman manque encore de souffle pour vraiment emporter.
Note finale : 7,5/10 Sahagiel |
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