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La Dernière Flèche

 

La dernière FlècheAuteur : Jérôme Noirez (voir sa biographie)

Genre : Fantasy

Titre : La Dernière Flèche

Résumé du premier tome :

Angleterre, avril 1212.

Diane de Loxley est une adolescente belle et farouche, au caractère trempé comme l'acier. Ses mots touchent leur cible aussi sûrement qu'une flèche. Rien d'étonnant quand on est la fille de Robin des Bois. Mais il est difficile d'être l'héritière d'une légende, d'un homme meurtri par la mort de son épouse, la célèbre Marianne. L'archer est bien prêt de succomber à l'appel de la forêt.

Diane veut de l'action, Londres va la lui fournir. La cité tentaculaire, pleine de bruits et de fureurs, est contrôlée par de ténébreux démons. Afin de les combattre, la fille de Robin devra s'associer avec le séduisant et mystérieux prince des mendiants, et rassembler les anciens compagnons de Sherwood. Sans compter un allié inattendu, l'ennemi intime de son père, le terrible shérif de Nottingham.

Critique personnelle du tome :

Récit ambitieux, La dernière Flèche, reprend le mythe de Robin des bois et raconte les aventures de sa fille, Diane. Rien de moins ! Continuer un récit aussi connu était à la fois audacieux et risqué. Il est, de fait, aisé de décevoir quand on s’attaque aux incontournables de notre littérature…

Et en effet, une certaine déception pourrait poindre, car il manque parfois un rien de charme à ce roman, qui fera paraître la « vieille » génération des protagonistes assez effacée, sans envergure, certes au profit des nouveaux venus caractérisés avec brio, nous en convenons.
Ainsi, seul le célèbre shérif tire son épingle du jeu et conserve un charisme, une personnalité à la fois complexe et touchante, à même de réellement séduire. Si tous sont hantés par le fantôme de Sherwood et vivent dans son ombre, le chevalier, par le biais de ses mémoires, apparait plus humain et fouillé. De fait, celui que nous attendions, Robin, s’avère en comparaison bien pâle  : obnubilé par Sherwood, rongé par des rêves verdoyants, il amène certes au premier plan ce personnage à part entière, fait de feuilles et fragrances forestières, mais risque aussi d’être dévoré par ces mâchoires végétales et réduit à un rôle secondaire. Il en va de même pour ses compagnons de toujours, dont les destins souvent inattendus auront de quoi plaire et intriguer, mais dont l'implication dans l'oeuvre sera finalement assez discrète.

Plus intéressante est donc la jeune génération des protagonistes, inédits et révélés au fil des chapitres. Diane, bien sûr, sous des devants un tantinet archétypaux, avec ses airs de garçon manqué friand d’indépendance et d’insolence, aura l’occasion de marquer par son courage, sa spontanéité ; digne héritière de son père, elle contribue au mythe, évitant par la même occasion la plupart des canevas. La seconde figure notable serait Tredekeiles, prince des mendiants d’un nouveau genre, orgueilleux et cupide derrière ses beaux discours. Intéressant, on en regrette que ses bras droits soient quant à eux plus communs et ternissent un tableau pourtant prometteur ; de fait, le recours à des procédés humoristiques un  tantinet répétitifs et attendus ne facilitera par leur approfondissement.

Un point fort du roman serait incontestablement son ambiance, celle d’une Londres corrompue, soumise à des forces étranges, démoniaques. Nous prenons ainsi plaisir à parcourir cette ville vérolée par maints vices, de ses traboules fangeux à ses labyrinthes souterrains, sans oublier ses marchés bariolés, sa faune et sa flore non moins délicates. Au cœur de l’intrigue, elle se met en scène et offre même une relecture de certaines légendes pour mieux séduire.

De fait, un voile surnaturel plane sur la cité, entre magie noire, essence de la nature et créatures issues du bestiaire traditionnel, articulés autour d’une intrigue certes simple – empêcher l’avènement d’êtres démoniaques – mais pourvue de thématiques et de motivations à taille humaine, que ce soit la paternité, le passé parfois gangréné par les remords, ou encore la difficile transition entre l’adolescence et ses rebellions, et la maturité qu’annonce l’âge adulte.

Au final, nous détenons donc une lecture agréable et audacieuse, aux nombreuses qualités et que les défauts, qui certes minorent un peu notre enthousiasme, ne gâcheront aucunement. De quoi raviver la légende de Robin !

 

 

Note finale -jeunes lecteurs-: 7,5/10

Sahagiel

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