Retour vers la page des ouvrages
|
Genre : Fantastique Titre : Loup, y es-tu ? Résumé du tome : Et si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ? |
|
Critique personnelle du tome : Avec Loup, y es-tu ?, Mille Saisons continue d’enrichir sa collection fantastique et nous propose une relecture des contes de notre enfance. Un récit ambitieux, que nous commencions avec une réelle curiosité. Très vite, une observation nous vient à l’esprit : le principal défaut du roman serait son rythme, trop lent et prévisible. De fait, l’auteur consacrera parfois des chapitres entiers à étayer des évènements passés, que le lecteur déduisait par lui-même, au risque de ne pas développer assez certaines relations ou chutes. Ainsi, nous en apprenons peu sur les personnages, qui laissent une impression plutôt stéréotypée, faute d’avoir montré leurs nuances. Les héroïnes sont belles, virtuoses ou altruistes, et même si nous apercevons parfois un début de défaut, elles manqueront cruellement d’envergure. Il en va de même pour leurs ennemis, exception faite du Loup, sans doute le personnage le plus complexe du roman, de par sa dualité et ses nombreux dilemmes, aussi est-il dommage que nous en découvrions si peu sur lui. Quelques thématiques sont, il est vrai, plutôt intéressantes. Particulièrement le traitement des crimes de guerre, la manière dont certaines victimes se replient dans un mutisme douloureux, sans extérioriser leurs épreuves ou, plus simplement, voir leurs bourreaux punis. Suivre la quête des deux nains Franz et Albert, mais aussi découvrir quelles horreurs survenaient dans les camps de concentration, étaient de fait enrichissant. Par ailleurs, l’éclairage mis sur une poignée de figurants, par exemple un membre de la gestapo impliqué dans le sauvetage d'individus recherchés par le régime nazi, permet de nuancer, l’espace d’un paragraphe, le manichéisme du livre. En effet, on comprend assez peu pourquoi la sorcière souhaite à ce point détruire ses adversaires merveilleuses, devenues amnésiques et qui ne cherchent pas à la combattre, mais bien au contraire à rester discrètes et mener une vie sans autre ambition que vendre des robes ou des tickets de spectacles. Quand bien même pourrions-nous y associer une simple volonté de suprématie, les réponses données au cours du roman accentuent les incohérences, au point que les divers protagonistes ne paraîtront guère clairvoyants, parfois. La fin quelque peu précipitée ne nous fournira pas plus d’informations. Là encore, certaines idées qui tirent le roman vers le haut, nous pensons notamment au rôle du chaperon rouge, restent en périphérie du récit, souvent trop peu traitées. Cette réinterprétation des contes merveilleux manque ainsi d’ampleur. Si Loup, y es-tu ? ne sera pas une lecture désagréable, au sens où l’auteur propose un univers somme toute audacieux et se munit d’une plume simple mais efficace, elle ne transcendera pas pour autant le genre et aurait mérité quelques approfondissements supplémentaires.
Note finale : 6/10 Sahagiel |
| Partager cette critique sur : |