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Le Meilleur des Mondes

 

Le meilleur des mondes Titre : Le Meilleur des Mondes

Auteur : Aldous Huxley (voir sa biographie)

Résumé du tome :

Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d'oeuvre de la littérature d'anticipation, a fait d'Aldous Huxley l'un des témoins les plus lucides de notre temps.
"Aujourd'hui, devait écrire l'auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement impossible que cette horreur s'abatte sur nous dans le délai d'un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d'ici là de nous faire sauter en miettes... Nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique."

Critique personnelle :

Publié en 1932 par un auteur d'une impressionnante lucidité, le meilleur des mondes est un roman de science-fiction mettant en avant un futur utopiste, une société capable de produire des jumeaux par centaines, de trafiquer les embryons de façon à obtenir les individus souhaités, puis de les conditionner pour qu'ils se sentent toujours heureux. Ils sont répartis en cinq classes, nommées les Alphas, les Bêtas, les Gammas, les Deltas et les Epsilons, chargées de la sorte de travaux adaptés à leur groupe. Ce ne sont cependant pas des castes car chaque individu est conditionné de façon à être heureux de ce qu'il est.

De fait, Aldous Huxley nous dresse là un portrait particulièrement impressionnant, particulièrement effrayant aussi, une humanité déshumanisée au possible, dans lequel le bonheur, obtenu en partie aux fameuses pilules de soma, a supprimé le droit au malheur, à la différence, à l'individualité.
John, dit "le Sauvage", a grandi dans une réserve. Imprégné d'une culture différente, mais avide de connaître ce fameux monde civilisé dont sa mère lui a tant parlé, va se heurter à cette société...

Aldous Huxley est évidemment un très grand auteur. Cela se voit à son écriture inspirée, très personnelle, mais qui se permet également un nombre impressionnant de références à Shakespeare.
Les noms des personnages principaux ne sont pas non plus choisis au hasard, puisque chacun d'entre eux se rapporte à une célébrité des temps passés (Lénine pour Lénina Crowne, Karl Marx pour Bernard Marx, etc).
Pour le reste, l'auteur fait preuve d'une lucidité effarante, où sont rassemblés les pires cauchemars liés au clonage et à l'endoctrinement de masse. Et pourtant, c'est une société "heureuse", où la maladie, la tristesse et la vieillesse ont été balayés des soucis quotidiens. Mais le prix à payer est terrifiant...

Un livre dont on peut difficilement ressortir indemne.

Note finale : --/10

Sherryn